samedi 31 mai 2014

AG ACDP!



Une petite partie (aléatoire...) des gens qui font le Champ des Possibles.


Il y aura l'Assemblée Générale Annuelle des Amis du Champ des Possibles lundi le 2 juin prochain de 18h à 20h. La rencontre aura lieu au champ ou en cas de pluie dans un local à proximité qui sera confirmé d'ici l'évènement.

Cette rencontre sera l'occasion pour les membres du conseil d'administration de vous présenter le bilan de l'année 2013-2014 et les projets stimulants qui nous attendent.





Venez! C'est par et pour vous tout ça! Et eux aussi ci-haut!




vendredi 30 mai 2014

La Couleuvre tachetée



Clip: Rachel Garcia


Nous avons huit espèces de serpents au Québec, tous de de la famille des Colubridés (de Colubridae d'après le latin coluber, colubra: les couleuvres). La Couleuvre tachetée (Milk Snake, Lampropeltis triangulum triangulum) atteint les 90 cm et plus… Cette couleuvre peut impressionner mais elle ne constitue que très peu de danger. Bien sûr elle peut mordre! Il s’agit de ne pas l’embêter. Et malgré son air assez exotique elle n’a pas de venin.


Photos: Johanne Latour.


C'est toutefois une espèce assez rare pour être sur la Liste des espèces fauniques menacées ou vulnérables au Québec: voyez sa fiche ici. Je n'ai jamais eu la chance de l'apercevoir. Le court clip et les photos ci-haut ont été fait hier au Parc-nature de la Pointe-aux-Prairies à Montréal. Je remercie et félicite ma nièce et ma soeur d’avoir documenté ce peu commun reptile au Québec. 



Photos: AARQ, Matthieu Ouellette, David Rodrigue


Sur ce montage vous avez toutes les espèces de couleuvres que l'on trouve au Québec (à gauche) et à droite des vues rapprochées de la Couleuvre tachetée. 

Trouvez toute l'information sur nos espèces de reptiles:






jeudi 29 mai 2014

Danse Cyclamen



Loie Fuller. Photo: F. W. Glasier, 1902.

Hier j’ai vu cette photo de la danseuse Loie Fuller (une américaine) que, pardonnez-moi, je ne connaissais pas. Son inventivité chorégraphique l’avait rendu célèbre à l’époque. Elle est ensuite devenu une américaine à Paris:

« Sa fusion aux nuances véloces muant leur fantasmagorie oxyhydrique de crépuscule et de grotte, telles rapidités de passions, délice, deuil, colère : il faut pour les mouvoir, prismatiques, avec violence ou diluées, le vertige d’une âme comme mise à l’air par un artifice. » Stéphane Mallarmé, Divagations. 1897. (tout le texte ici)



Sur cette photo de la danseuse (et bien d'autres) la forme de sa robe et de ses voiles me rappelaient certaines de mes images, une en particulier, que j’ai fait il y quelques années. Alors j’ai kolorisé la photo… Comparez à mon image: 


Cyclamen, 2008. Roger Latour.


Vertige d'une âme! C'est assez clairement un plagiat! Poursuivant mon enquête j’ai ensuite trouvé le film ci-bas (Ah! la magie oxyhydrique de la navigation d’hyperlien en d’hyperlien). Le court film a été fait par… les frères Lumières! 


Danse Serpentine, Loie Fuller. Frères Lumières, 1896.

Wow! Je vais de découverte en découverte! (oui je connais les Lumières, ils ont inventé la locomotive puis on a nommé un siècle pour eux). Notez que sur ce film, les images on été coloré une à une, exactement à la façon dont j’ai procédé pour la photo de la danseuse. 

Vraiment! Sombres plagiaires ces Lumière!


Le doute me prend: c'est peut-être moi qui ai inventé la locomotive?




mercredi 28 mai 2014

Manuel du tourneur









Des échantillons de bois différents, tirés de:


"Manuel du tourneur : ouvrage dans lequel on enseigne aux amateurs la manière d'exécuter sur le tour à pontes, à lunettes, en l'air, à guillocher, carré, à portraits, à graver le verre et avec les machines excentriques, ovales, épicycloïde ... précédé de notions élémentaires sur la connoissance des bois, la menuiserie, la forge, la trempe, la fonte des métaux et autres arts qui se lient avec celui du tour / par L. E. Bergeron"





De son vrai nom: Louis Georges Isaac Salivet. Le livre a été publié à Paris chez Hamelin-Bergeron, 1816. Il s'agit d'une ré-édition d'un livre datant des années 1790.

Si vous trouvez ces planches (… euh de planches?) intéressantes voyez plutôt ce qu’en faisaient les tourneurs, souvent des hommes fortunés de l’aristocratie.


Le livre est téléchargeable ici.





samedi 24 mai 2014

Hanami Barry





Certains d’entre vous le savent, lundi une personne extraordinaire nous a quitté dans des circonstances tragiques, j’ai perdu un grand ami: Barry Michalyshyn. À peu de chose près au moment où on trouvait son corps j’étais au Champ des Possibles afin de filmer et de photographier. Barry aimait le lieu et il était un bénévole toujours disponible. Ce billet qui se voulait un rapport sera donc plutôt dédié à sa mémoire.


 Le cerisier à grappes (Prunus padus), une espèce européenne.

Alors que les uns meurent, les autres s’occupent à l’ordinaire de la vie. Je voulais compléter mon dossier sur les différents cerisiers et faire des photos des arbres plantés l’an dernier pour les partager sur le Facebook Les Amis du Champ des Possibles afin de réitérer l’invitation à l’ouverture de la saison au champ. Nous y ferons ménage et plantation.


Le Staphylier à trois folioles (Staphylea trifolié)

Un des arbres plantés à l'automne avait été donné par Barry justement, un amélanchier. Barry était parti pour les Indes, ses Indes, alors j’ai planté l’arbre pour lui. Vous pouvez voir cet arbre un peu plus bas. Il était en fleur lundi.


 Le cerisier de Virginie (Prunus virginiana), indigène, fleurissant un peu après son cousin européen.


Le chêne rouge (Quercus rubra)


Le cerisier tardif (Prunus serotina)


 Le noyer cendré (Juglans cinerea)


Érable argenté (Acer saccharinum) et Érable à sucre (Acer saccharum)


Spirée a larges feuilles (Spiraea latifolia


Aronia noir (Aronia melanocarpa)

Celui-ci est un essai. L'aronia aime les sols acides, le sol du champ est alcalin. Mais l'arbuste se porte bien. La photo date de lundi, il devrait être en fleur aujourd'hui. Je l'ai planté tout à côté de l'Amélanchier de Barry:


Amélanchier sp.

Le voilà l'arbre de mon ami, un amélanchier dont je ne connais pas l'espèce.



Et lui c'est Barry Michalyshyn dans ses Indes, près de Goa.


Les cerisiers en fleur, symbole de la fugacité de la vie… et de l’irrémédiable finalité de la mort… Notre amélanchier, lui, est encore plus bref dans son éclair blanc. Puis les fruits arrivent si vite! Comme pour se faire pardonner de nous rappeler que tout passe, l'amélanchier ajoute de suite: tout arrive!


L’été est arrivé. C’est la faute à Barry.




lundi 19 mai 2014

Bourdon = Bombus!



Les corbeilles à pollen pleines!

Une de nos abeilles sauvages indigènes sur du trèfle rouge au Champ des Possibles. On dit communément "bourdon", en fin de semaine j'ai entendu "taon". Il y avait longtemps que je n'avais entendu cette appellation que l'on avait autrefois... Quoiqu'il en soit le nom scientifique du genre est Bombus et nous avons une vingtaine d'espèces différentes de ce genre au Québec.

Je n'ai pas de moustiquaire chez moi et à tous les printemps quelques reines entrent me visiter... Facile à reconnaître les reines de bourdons à ce temps-ci de l'année: un, elle sont énormes! Deux, ce sont les seules qui passent l'hiver...



samedi 17 mai 2014

Pic chevelu, Cerisiers et Orme liège





Le son de cet ouvrier des troncs est immanquable! Un rapide Trrrac-cat-ta-trrac... vite chercher le Kodak, changer l'objectif, faut filmer le Pic chevelu (Picoides villosus, Hairy Woodpecker) qui me visite dans l'arbre en face...Ce n'est pas un rare visiteur dans les arbres de rues mais ça vaut la peine de le documenter un peu...

Faudra vraiment que je relise le manuel d'instruction de mon Kodak! Je n'arrive pas à filmer en mode zoom... C'est vraiment dommage... Déjà ça m'était arrivé avec le Grand Duc... Voyez ici: Le Grand Duc du Plateau.



La photo n'est pas très bonne, il s'agit en fait d'une capture en mode "film"... avec un agrandissement important...



Voici Madame (à gauche) et Monsieur (à droite). Merci à Wikipedia...



Le cerisier photographié mercredi est le merisier (Prunus avium, cerisier des oiseaux). Il est assez fréquemment planté (c'est une espèce Européenne) mais compte de nombreux cultivars. L'arbre près de chez moi est tout en hauteur, assez différent de la forme plutôt arrondie qu'il a ailleurs. 

Je savais qu'il n'était pas le griottier (Prunus cerasus, une autre espèce européenne) mais je n'avais pas à l'esprit les caractères qui l'identifient: les glandes sur le pétiole (tout juste visibles à la base de la feuille la plus à droite) mais surtout (puisque que le griottier a des glandes aussi) le merisier a des feuilles doublement dentées alors que le griottier a des dents simples.




Je suis allé voir l'Orme liège (Ulmus thomasii) de l'avenue du Parc. La floraison est déjà passée... À bien y penser ce n'est pas étonnant que j'ai eu de la peine à trouver des samares l'an dernier: il est le seul de son espèce à des kilomètres à la ronde! Ça limite la pollinisation! Il est par contre étonnant, ou du moins intéressant de noter, qu'il avait malgré tout quelques samares. 

Deux possibilités: le pollen d'un autre arbre a voyagé loin et à faible densité ou l'arbre a un mécanisme de sécurité et peut dans un faible pourcentage s'auto-polliniser.


Passez un beau weekend!





vendredi 16 mai 2014

Phytophysiothérapie vernale





À l'Hôpital Montreal General, en sortant de ma physiothérapie. Mercredi. 




Puis en arrivant sur la rue chez moi. Une abeille à miel au travail. J'ai perdu le compte des ruches qui se trouvent dans le quartier... 




Je n'ai pas identifié cet arbre, un cerisier sans nom pour l'instant. L'abeille ne semble pas trop gênée par ce fait... 




J'ai manqué tant de floraisons ce printemps... je devais bien photographier tout cela en studio... Les ormes et les érables, c'est déjà terminé... j'espère avoir l'occasion de compléter les cerisiers, pêchers et autre Rosacées...



Bon ça c'est l'amélanchier devant chez moi. Mercredi faut-il le rappeler. Les fleurs sont maintenant bien ouvertes...



mercredi 14 mai 2014

Truxor DM 5000


Mise à jour du billet publié hier...





Une marche physiothérapeutique avec caméra: direction Parc La Fontaine. Je m’assoie deux minutes, tranquillos, question de farder et polir ma canne. Il y a un curieux bruit de fond. Comme une grosse machinerie en fond de parc. 


 C'est peut-être une Zamboni d'été?

Après un moment je me lève (et marche, comme dit l’autre) et je jette finalement un coup d'oeil en direction de ce dérangement: tout ce boucan est causé par une bien étrange contraption, ce truc qui vogue maintenant sur l'étang. Mais qu’est-ce que c’est? Je savais pas qu’il y avait de l’ostréiculture ici? À moins que les gens se soient mis à la chasse aux écrevisses? Des aqualocavores? 


 Le Truxor n'aidera pas ici... 

Peut-être veut-on attraper la tortue? Sans doute pour lui mettre une crittercam?  et enfin pouvoir la suivre dans ces déplacements mystérieux? 

Non. rien de tout ça. Ce truc, c'est le Truxor DM 5000, et c’est le moyen trouvé pour contrôler les algues et le myriophylle dans les étangs du Parc La Fontaine. J’apprends un nouveau mot: ça s’appelle un faucardeur amphibie. Vous pouvez en avoir un pour 140,000 $… C'est comme un énorme peigne fin pas fin du tout, un grand râteau d'eau devant un gros pédalo. À ce prix il ramasse ces indésirables plantes aquatiques et tous les détritus et la hum… je me demande… la tortue? 

Bah! C’est une espèce exotique après tout! 


Le Truxor est vraiment minimalement impactant. Fiou!

On ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs, la machine qui flotte avec charme, grâce et élégance, tel un (assez gros) canard, est un peu moins légère quand elle touche terre... 

La bruyante machine prend de la place et se fait remarquer à coup sûr! Ce n’est peut-être qu’une impression mais il me semble qu’il y avait moins d’oiseaux: je n’ai pas vu de canards (bon il est un peu tard dans la saison) ni entendu de carouges. Habituellement, ici, les carouges on les manque pas!

Je ne sais pas s’il y a d’autres solutions, plus douces disons, au problème des algues… Une chose est sûre: le Truxor DM 5000 fait maintenant partie du décor.



Une Machine de Rêve! Don't leave home without it!


Personnellement, très personnellement, n'est-ce-pas?, j'aurais préféré que l'on s'assure de mettre les efforts d'imagination et les budgets sur des petites choses ordinaires comme de déglacer les trottoirs... vu la latitude, vous voyez? Après tout il reste bien deux ou trois piétons dans le coin... Et, justement, ils marchent comme des canards!

Le Truxor, un vrai cauchemar! Mais qu'est-ce que j'y connais...




lundi 12 mai 2014

L'Inspecteur est mobile!




Après des mois et des mois d'immobilisation, votre Inspecteur Général des Mauvaises Herbes et Autres Affaires Vertes est capable de mettre un pied devant l'autre et d'enfin explorer les environs et alentours.

C'est pas trop tôt! Bon, je sortais depuis quelques semaines question de faire provision d'aliments et autres jus de raisin mais il me manquait ce truc que j'ai habituellement à l'épaule. Je circule maintenant avec Kanne et mon Kodak!

&&&

J'avais remarqué cet Érable à Giguère dont on a coupé les têtes l'an dernier. Je me demandais si on les garderait? Oui! Et comme c'est le printemps, cet Acer negundo se met des feuilles de lauriers sur ses couronnes.

Je me demande si nous n'aurions pas quelques avantages dans quelques situations à tailler ainsi des arbres? Limiter la dimension du houppier à cause d'immeubles ou d'installations voisines? Récolte périodique afin de produire du bois raméal fragmenté (BRF) qui servirait de paillis? Je sais bien... nous détestons ces arbres sérieusement émondés pour libérer la voie aux fils électriques d'Hydro-Québec... 

Mais voilà: comme en dulce Francia nous aurions des arbres têtards! Le bocage serait ainsi complété...




Je ne suis pas allé très loin... jusqu'au Parc La Fontaine et retour. J'ai fait une observation très intéressante au parc, c'est incroyable tout ce que j'ai manqué... je vous en parle mercredi.





dimanche 11 mai 2014

Peuplier pressé




Photographiée hier, lancée par le vent dans mon attrape-plante, une inflorescence mâle du Peuplier. Quelle est brève cette floraison, une semaine à peine! Je n'ai jamais identifié cet arbre dans ma ruelle... Je crois que c'est le Peuplier deltoïde mais il pourrait bien s'agir du Peuplier de Caroline... je devrai faire un effort d'aller prendre des feuilles un peu plus tard cet été afin de déterminer l'identité de l'arbre.



La floraison est tellement empressée que certaines anthères n'ont pas eu le temps d'ouvrir! Ce sont ces petits paquets rouges en groupe sur un pédoncule blanc et ils constituent en fait une fleur mâle. L'inflorescence compte donc plus de trente fleurs.



C'était hier et ce matin il n'y a plus aucune inflorescence sur l'arbre. 

Il a fait 20C hier... on est passé de l'hiver à l'été en 2 minutes et quart.



samedi 10 mai 2014

Carré Viger 1870-2013




Le Carré Viger, Montréal, gravure tirée de L'opinion publique, 1870. BANQ. 




Le Carré Viger, 2013.




Les serres du Parc La Fontaine provenaient du Carré Viger en 1889. Elles seront démolies dans les années '50. Photo datant des années 1920. BANQ.




vendredi 9 mai 2014

Ohara Koson 1877-1945









Voyez plus du travail de Koson: ici et ici.



jeudi 8 mai 2014

Lever du soleil





Eulophia euglossa, plus tôt ce matin alors que je me levais et que le soleil se levait et se reflétait dans un immeuble. Je me sentais en Côte d'Ivoire. Bien... un petit peu quand même!




Andy Huber et ses orchidées





En Oregon, l'agronome Andy Huber achète des terres et les transforme en réserve écologique. Il y introduit de nombreuses plantes indigènes et s'occupe de la propagation du Cypripedium montanum




Orchidées et pollinisateurs




Quelques orchidées indigènes en Amérique du Nord (Canada, USA et Mexique) et leurs pollinisateurs.

Vous pouvez télécharger cette affiche en grand format, haute résolution ici: 




mardi 6 mai 2014

Le Caulophylle géant



Caulophyllum giganteum, Caulophylle géant, Northern Blue Cohosh

Ce drôle de fantôme du sol de la forêt n’est pas aussi populaire que les plantes printanières qui fleurissent ces temps-ci. C’est que le Caulophylle géant n’a pas ces belles grandes fleurs éclatantes de fraîcheur qui nous soulagent de l’hiver. Bien qu’il soit de la même famille (Berberidaceae) que le Podophyllum peltatum (Podophylle pelté, May-apple) ses fleurs peuvent sembler inintéressantes et banales. Je ne suis pas d'accord! 

On ne le connaît pas aussi bien que les sanguinaires, les érythrones ou les trilles! Le caulophylle n'est pas très joli... Il serait moins spectaculaire. De plus on confond le Caulophyllum giganteum avec Caulophyllum thalictroides (Caulophylle faux-pigamon, Cohosh bleu, Blue cohosh). Pour apprécier une espèce, mal l'identifier, c’est bien mal parti! Le Caulophylle géant est une plante plus grande avec des fleurs plus grandes et moins nombreuses. Si les deux espèces sont présentes il fleurit en premier. 


Variabilité de la fleur: en cinq partie ou plus habituellement en six.


Toute la plante et même ses fleurs sont au contraire assez fascinantes. D'abord cette étrange coloration pourpre avec du jaune n'est certainement pas un habillement commun pour une plante. J'ai toujours cru que cette espèce qui surgit du long sommeil hivernal (et fleurit parmi les toutes premières) relevait plus d'une espèce marine et animale que d'une espèce végétale. Ce n'est pas une plante comme les autres à coup sûr!

Cette coloration pourpre de la tige fait par ailleurs penser que la plante est mycotrophe, terme à préférer à l'expression "saprophyte" que j'ai vu encore récemment et qui ne veut rien dire... La mycotrophie (pensez aux plantes non-vertes, "sans" chlorophylle comme certaines orchidées) est une association entre une plante et un fongus avec des échanges de minéraux, de sucre et d'eau, etc. Une plante mycotrophe peut se passer (en tout ou en partie) de la lumière et des pigments verts de la chlorophylle pour se nourrir par en-dessous (racines, rhizomes) en échangeant avec le fongus.




Répartition et fleurs du  Caulophylle géant



J'ai un peu modifié (coloré) cette carte tirée de Flora of North America qui nous montre la répartition du Caulophylle géant. L'illustration de droite nous montre:


a- les sépales (qui sont grands comme des pétales...)

b- les pétales réduits et modifiés (qui sont flabelliformes, en forme d'éventail)
c- les étamines (qui commencent tout juste à s'ouvrir et à relâcher le pollen)
d- le pistil (regardez les autres illustrations afin de le voir de côté) 

Dommage que je n'ai pas de spécimen du Caulophylle faux-pigamon! Mon billet serait bien plus informatif! S'il faut en croire cet auteur* les sépales du Caulophylle géant sont de 6 à 9 mm alors que ceux du Caulophylle faux-pigamon mesurent de 3 à 6mm. Il en va ainsi de toutes les parties florales, toujours plus grandes chez le premier. 




Le moyen le plus simple de les distinguer semble être le nombre de fleurs que porte l'inflorescence: le géant en compte de 4 à 18 alors que l'autre espèce en a de 5 à 70. Disons que la distinction n'est pas toujours assurée sur cette base!




Je l'ai dit cette plante fleurit très tôt alors qu'il n'y a que peu de nectar ou de pollen à se mettre sous le proboscis... ce sont donc les mouches hâtives, sortant elles-mêmes de l'hibernation, qui se régalent et apprécient ses fleurs qui nous laissent si indifférents. Comme il n'y a que peu d'insectes à la mi-avril quand la plante fleurit, les mouches assurent apparemment leur pollinisation. Un insecte peu populaire pollinisant une fleur pas populaire. La biodiversité et ses processus écologiques se passent quelque fois du charisme nécessaire pour notre attention!




Alors que les érythrones laissent à peine paraître leur feuillage, déjà les premières fleurs du Caulophylle géant s'ouvrent avec son feuillage qui commence à se déployer. Les fruits bleus de l'an passé, que vous reconnaissez sûrement si vous allez en forêt, sont alors encore présents sur quelques individus. Je ne recommande pas que vous les goûtiez...




Dans l'ombre humide et la faible lumière le Caulophylle émerge dans la froide ouverture du printemps. Ouvrez les yeux!




*Arthur Haines, Botanical Notes, num. 9, décembre 2003.